Donc acte ?
Oui, nous ouvrons le 2e restaurant, à 700 m du premier, rue Oberkampf. Et là, pareil, complet, avec la queue qui s’étend sur le trottoir, des habitués qui reviennent. C’est un peu l’euphorie. Du coup nous en ouvrons un 3e à proximité. Rebelotte, rempli. Nous nous disons alors que nous tenons peut-être quelque chose qui mérite un développement plus conséquent. Nous passons à une ouverture par an, soit une dizaine de restaurants, dont 6 dans 1km² à Paris.
Et depuis vous avez pour ambition d’en ouvrir un par mois. C’est un rythme considérable, comment faites-vous pour gérer tout cela ?
Pendant longtemps nous sommes restés tous les deux pour tout gérer, y compris les collaborateurs (environ 80 personnes). Nous faisions ça à l’ancienne, comme des restaurateurs traditionnels. C’était un peu « sport », mais gérable. Avec notre projet de développement, nous avons réalisé qu’il fallait beaucoup structurer l’existant et faire appel à des forces vives. Nous nous sommes mis en ordre de marche pour constituer un board, procéder à des recrutements de postes-clefs (DAF, DRH…), trouver de nouveaux locaux pour étendre l’enseigne hors de Paris. Nous devenons une véritable entreprise et la gestion est très intéressante et hyper stimulante, car ce n’est pas pareil quand vous êtes 2, 4 ou 20 comme nous le sommes aujourd’hui au siège.
Votre envie première était de devenir une institution du burger à Paris. Chose faite. Aujourd’hui vous voyez plus loin en vous développant en France et à l’international. Comment financez-vous tout cela ?
L’argent, c’est l’oxygène de l’entrepreneur. Quand nous ouvrons un nouvel établissement, nous avons besoin d’un apport. Nous venons donc de faire une levée de fonds auprès de Generis Capital, Initiative & Finance et Adrien de Schompré. Ce système nous permet de bénéficier des fonds nécessaires mais aussi d’aller plus vite dans notre déploiement. Sachant que nous prévoyons 1 implantation par an à l’étranger en plus des implantations mensuelles en France, cet accompagnement est important.
Avec votre expansion, comment maintenir ce niveau de qualité ?
C’est le pari fou que nous faisons : démultiplier notre croissance sans perdre ce qui a fait notre succès jusqu’à présent. Nous devons garder cette excellence opérationnelle, ne pas transiger sur les produits, bien nous occuper de nos employés et de nos clients. Nous avons une bonne image de marque, les clients nous font confiance, nous nous devons de maintenir cela dans la durée.
Qu’avez-vous trouvé chez Réseau Entreprendre® ?
Un joli coup de pouce financier grâce au prêt d’honneur qui nous a été accordé et surtout, l’accompagnement d’Eric Ekmektchian, entrepreneur qui était déjà passé par tout ce que nous allions vivre. L’avoir à nos côté nous a montré que c’était possible de construire une entreprise qui grossit, ça a permis de dédramatiser le sujet. Quand vous êtes entrepreneur, vous avez la tête dans le guidon. Les réunions programmées à intervalles réguliers, malgré un quotidien chargé, nous aidait à prendre du recul, à travailler sur l’entreprise et non dans l’entreprise.
Vous êtes devenus membres et accompagnez des lauréats. Pourquoi ?
Cela nous semblait normal après avoir reçu de donner à notre tour. Mon associé a déjà accompagné des lauréats et j’espère bien le faire à mon tour. Grâce à notre accompagnateur, nous avons appris à être des entrepreneurs, comment créer et gérer une entreprise. Les rendez-vous nous ont permis de voir le potentiel de notre aventure, de changer de perspective. A notre tour d’apporter tout cela à d’autres qui souhaiteraient se lancer.
Loin des codes du fast-food, chez PNY l’hospitalité et la qualité sont les maîtres-mots du concept.