5e portrait de notre série RÉ’Elles, qui illustre ce mois-ci la flamme d’entreprendre dans un milieu encore très masculin.
Bravo à cette femme inspirante qui va porter la flamme olympique dans quelques semaines. Mesdames, enflammez-vous pour vos idées et ne lâchez rien ! Nous serons toujours là, chez Réseau Entreprendre®®, pour vous accompagner.
Quelques semaines avant le premier confinement, Iphigénie démissionne du groupe PSA, la tête à son nouveau projet, elle bouillonne : Qu’est-ce qu’on reproche au fond à l’automobile ? Comment verdir un véhicule sachant que c’est l’usage qu’on en fait qui pollue et pas le produit lui-même ? Comment résoudre les dégâts qu’on a occasionnés plutôt que de créer un nouveau produit ? « J’ai épluché une directive européenne sur la loi Climat et Résilience qui définit les seuils d’un véhicule thermique polluant à ne pas dépasser en termes de pollution et de niveau de consommation. J’en ai fait un référentiel, un objectif à atteindre », poursuit-elle. L’idée prend forme : celle de ramener un vieux véhicule aux normes définies par cette directive européenne. « À ce moment précis, j’ai pensé : c’est ça, la vraie écologie ! ».
En 2023, quand la phase de commercialisation est lancée, ses réserves financières sont insuffisantes pour l’accompagner d’un plan de communication digne de ce nom. Iphigénie se tourne vers divers organismes dans l’espoir d’obtenir un financement. « Réseau Entreprendre®® a accepté de nous soutenir et cette aide financière nous a permis de faire levier pour obtenir par la suite des prêts bancaires et lever d’autres fonds » assure-t-elle. Elle devient alors lauréate et bénéficie d’un accompagnement financier et humain pendant 2 ans, « une formidable occasion de partager des bonnes pratiques et d’apprendre le métier de dirigeant et d’entrepreneur ».
*Ademe : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie.
Iphigénie est fière du travail accompli et heureuse de pouvoir aider ses concitoyens. « Les personnes qui viennent pour convertir leur vieux diesel en un véhicule hybride GPL nous parlent de leur vie et nous expliquent l’impact de ce petit changement dans leur quotidien. Nous aidons le pouvoir d’achat en proposant aux ménages de conserver leur voiture et nous accompagnons le monde dans une transition douce en opposition totale avec la rupture représentée par le fait de mettre son véhicule à la casse. Je suis fière d’avoir accompli quelque chose d’utile et porteur de sens pour les gens et pour la planète. J’espère pouvoir transmettre cette entreprise à mes enfants, pas seulement en termes de patrimoine mais aussi en valeurs pour leur faire passer ce message : aidons-nous les uns les autres ! ».
Cette technologie, qu’Iphigénie revendique avec fierté, part du principe qu’un véhicule devenant hybride au gaz émet 20% de CO2 et 60% de particules fines en moins et présente un gain de consommation de 15 à 25%. « Nous venons juste rajouter quelques pièces neuves au véhicule d’origine et notamment un 2e réservoir à l’arrière. À l’avant, nous créons un système parallèle avec un 2e jeu de calculateur et d’injecteur qui permet de calibrer le véhicule pour que le moteur au gasoil fonctionne également au GPL. Le véhicule devient hybride avec deux carburants : 60% de gaz et 40% de gasoil », explique-t-elle. L’opération prend trois jours et coûte 4 000€ en moyenne avec homologation et changement de la carte grise. Simple ? Encore fallait-il y penser !