Elle nous apprend également que la France, principalement en Normandie et dans les Hauts-de-France, est le premier producteur mondial de fibres de lin, avec plus de 50% de la production mondiale. « Bien que nous soyons les 1er producteurs de fibres de lin, plus de 90% de cette production part en Asie pour y être transformés. Une grande partie revient ensuite en Europe sous forme de fils, tissus ou produits finis », énonce-t-elle.
Interpellée il y a quatre ans par cette aberration écologique et sociale, Pauline commence à s’intéresser à la relocalisation des filières de lin et de chanvre en France. À l’été 2020, elle entreprend un tour de Normandie pour rencontrer tous les acteurs concernés, avec sa colocataire qui n’est autre que Camille Etienne devenue depuis une militante écologiste engagée.
La conscience écologique de Pauline est assez récente et elle l’assume aisément. « Après un master international en management et systèmes d’information à l’IAE d’Aix-en-Provence, mes études m’ont menée en Finlande, aux Pays-Bas et en Argentine. J’ai beaucoup voyagé, ça m’a réellement ouvert l’esprit mais j’estime aujourd’hui que j’ai un peu abusé », confie la jeune femme qui souhaite désormais limiter au strict minimum ses déplacements en avion.
Les produits confectionnés sont vendus à 70% sous marque propre à des particuliers via le site de e-commerce de l’entreprise. Les 30% restants sont de la confection à façon pour le marché professionnel, notamment celui de l’hôtellerie-restauration. « À terme, nous souhaitons confectionner davantage pour de grandes marques comme des maisons de luxe, ce qui passera inévitablement par une augmentation de notre capacité de production », indique Pauline. Pour cela, elle sait qu’elle devra agrandir son atelier pour une surface quatre à cinq fois plus grande. Aujourd’hui, les 60 m2 sont le « minimum viable product en langage startup. Ceci montre qu’à petite échelle, on peut y arriver. Mais avant cela, nous voulons décrocher des premiers contrats avec de grandes marques et monter un plan d’investissement avec les acteurs de la filière en amont », précise-t-elle.
En tant qu’entrepreneure à impact, et pour donner encore plus de sens à son action, Pauline est devenue ambassadrice régionale du Mouvement Impact France et administratrice de l’association « Lin et Chanvre Bio », qui œuvre pour le développement d’une filière lin et chanvre plus respectueuse de l’environnement. Elle nous confie trouver de l’inspiration auprès de son amie Camille Etienne, dont elle dit « qu’elle donne le sentiment que tout est possible », ainsi qu’auprès de trois jeunes femmes très influentes : Lucie Basch, Charlotte Cadé et Claire Bretton, respectivement fondatrices de Too Good To Go, Selency et Underdog. « Elles ont ce point commun d’avoir mis la recherche d’impact positif au cœur de leur modèle. Très humbles toutes les trois, elles sont des modèles pour moi ».
Fière de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice, Pauline l’est aussi d’avoir su constituer et fédérer une équipe autour d’un projet qui a beaucoup de sens. « C’est très motivant de me lever le matin en me disant que je vais rejoindre cette équipe formidable. Plus j’avance, plus je suis passionnée par mon métier », conclut-elle