Delphine, les délices bleus est-il vraiment un restaurant ordinaire ?
Oui, c’est un restaurant ordinaire ! Nous faisons une cuisine maison avec des produits frais et locaux. Nous n’avons pas de carte fixe, notre menu change tous les jours.
Pourtant vous faites partie de l’Economie sociale et solidaire. Pourquoi ?
Notre café restaurant emploi deux jeunes adultes autistes, qui travaillent parfois en salle et parfois en cuisine. Maman d’un jeune en situation de handicap passionné de cuisine, je me suis rendue compte dans l’association que je présidais auparavant que les enfants s’épanouissaient lors d’ateliers cuisine que nous faisions. J’adore aussi cuisiner et bien manger donc on a décidé de se lancer
Votre entreprise vise donc à inclure ces jeunes dans un parcours professionnel.
Le plus difficile dans l’autisme est le rapport aux autres. Nous formons nos jeunes aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Ils développent ainsi leurs habilités sociales et la communication aux autres. Ils appréhendent la vie quotidienne au contact des clients. Cela leur demande beaucoup d’effort et d’adaptation mais on voit leur progression, cela les aide à prendre confiance en eux. C’est de l’inclusion réelle. Nous espérons être établissement tremplin afin qu’ils puissent après les 2 ans passés chez nous intégrer d’autres entreprises. Nous cherchons d’ailleurs des entreprises partenaires ordinaires qui accepteraient de prendre les jeunes en stage pour leur faire découvrir d’autres métiers.
Et par ce projet, nous participons également à sensibiliser les clients au handicap.
Les chefs d’entreprises que j’ai rencontré m’ont tous dit que c’était un super projet, qu’il fallait oser aller jusqu’au bout. Ça m’a confortée !
L’ESS n’est pas le premier vecteur de porteurs de projet chez Réseau Entreprendre®. Comment le vôtre a-t-il été accueilli ?
Très bien ! Les chefs d’entreprises que j’ai rencontré m’ont tous dit que c’était un super projet, qu’il fallait oser aller jusqu’au bout. Ça m’a confortée ! Et même encore aujourd’hui, dans les échanges que j’ai avec mon accompagnateur : il me rassure sur le monde de la restauration et sur mes inquiétudes. C’est quelqu’un du métier, donc il sait de quoi je parle ! Je lui partage tous les mois mon quotidien car c’est la première fois que je suis chef d’entreprise.