Pour notre semaine dédiée à l’entrepreneuriat féminin, nous vous emmenons au Sénégal. Dans ce pays le tissu entrepreneurial est constitué à 82 % d’entreprises individuelles. Les femmes (50% de la population) sont très impliquées dans l’économie, alors même qu’elles ont une responsabilité importante dans le quotidien en assumant 80% de la charge familiale. Entre recherche d’autonomie et besoin de revenus, pourquoi les femmes sénégalaises se lancent-elles plus dans l’entreprenariat ?
En 2006, moins de 10% des entreprises dans le secteur manufacturier sont dirigées par des femmes. 10 ans plus tard, elles étaient plus de 30% des entreprises*. Cette montée en puissance des femmes est surtout marquée par une prise de conscience et une volonté de vouloir gérer leur propre affaire afin de ne pas dépendre des hommes.
Pour de nombreuses femmes, l’entrepreneuriat a été le seul moyen de sortir de la pauvreté et de la marginalisation. Elles sont des agents économiques dynamiques, dotés d’un fort potentiel de leadership et représentent un levier important de bien-être familial, de croissance future en ayant un rôle crucial dans le développement de leurs communautés. Cependant, même dans ce domaine, les femmes sont défavorisées, détenant moins de 30 % des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) du pays. Elles sont également pour la plupart coincés dans des activités commerciales de base à faible valeur et reléguées à des secteurs moins productifs.
Quels sont les secteurs privilégiés ? Le digital est-il un levier pour l’entrepreneuriat féminin ?
Les femmes, plus que les hommes, luttent contre des contraintes telles qu’un accès limité aux informations commerciales, aux marchés (porteurs et solvables), un manque de compétences en gestion d’entreprise et en leadership et un accès limité au capital (foncier, financement, etc.). Donc, par manque d’information, de confiance et de capital, elles ont tendance à se cantonner aux petites activités de commerce et de services, se détournant des secteurs (porteurs) et des opportunités d’affaires à forte valeur ajoutée.
Le digital pourrait être un catalyseur de l’entrepreneuriat féminin, en facilitant l’accès à l’information, l’acquisition de compétences et la construction de réseaux pour les femmes entrepreneurs.
Quel est le challenge le plus difficile que vous avez à relever en termes d’accompagnement ?
Le challenge le plus difficile à relever en termes d’accompagnement d’entrepreneurs est relatif à la faiblesse de la prise en compte des aspects stratégiques par la plupart. En effet, peu d’entrepreneurs de MPME sont disposés à investir du temps et d’autres ressources dans la recherche d’informations et l’élaboration de stratégies d’entreprise.
*Source : recensement général des Entreprises (RGE).
Quelles lignes souhaitez-vous faire bouger à travers cet engagement ?
Je souhaite donner la chance à des entrepreneurs de se faire accompagner, de rencontrer des pairs et des entrepreneurs chevronnés qui leur montrent la voie.
L’entrepreneuriat n’est pas de tout repos, surtout chez nous en Afrique. C’est tout un parcours du combattant. Il y a des choses que j’aurais aimé savoir avant de débuter. Si je peux aider ne serait-ce qu’un entrepreneur grâce à mon expérience et lui permettre de mieux trouver sa voie, j’aurais contribué à changer le narratif du continent et à réaliser mon rêve de voir « des entrepreneurs prospères pour une Afrique fière et prospère ».
Réaliser mon rêve de voir « des entrepreneurs prospères pour une Afrique fière et prospère »