Transmettre, voici la mission que s’est désormais assignée Caroline Berekbaum. Un rôle qu’elle prend très à cœur et dans lequel elle s’investit à 300%. Comme elle l’a toujours fait d’ailleurs au cours des 25 ans passés dans l’entreprise familiale. Les clés du succès ? « Beaucoup de travail, d’engagement et d’investissement personnel. Diriger une entreprise ne peut s’envisager sans passion, voire abnégation. C’est aussi faire des choix, parfois difficiles, et avoir toujours l’envie d’y croire même quand on voit poindre les nuages à l’horizon. C’est également entendre ce que l’entourage nous dit tout en allant au bout de ses idées, surtout quand on sait que ce sont les bonnes ! C’est avoir de l’audace et oser sans craindre l’échec, car si on se plante, on gagne en expérience ! Enfin, avec le temps, je me suis affranchie du regard ou du jugement des autres : j’assume tout ce que j’entreprends, même si cela peut déranger ou surprendre ! », confie-t-elle.
Diriger une entreprise ne peut s’envisager sans passion
Si le fait d’être une femme n’a jamais été un frein pour elle, Caroline dit avoir conscience d’avoir travaillé probablement davantage (qu’un homme) pour faire ses preuves et gagner en légitimité. À propos de l’entrepreneuriat au féminin, elle n’hésite d’ailleurs pas à « mettre les pieds dans le plat », quitte à bousculer le « politiquement correct ». « Je pose aujourd’hui cette question : est-ce la société qui empêche les femmes de s’épanouir dans l’entrepreneuriat ou les femmes qui se mettent elles-mêmes des freins ? Il est certain que diriger une entreprise requiert un engagement de tous les instants, cela nécessite parfois de faire des choix personnels qui peuvent avoir un impact sur l’équilibre familial. Personnellement, je l’ai complètement assumé. Je me demande si, au fond, les femmes sont aujourd’hui prêtes à renoncer à certains aspects de leur vie familiale comme le font certains hommes de manière tout à fait décomplexée ». Le débat est lancé …
Caroline Berekbaum a toujours osé. Presque comme une injonction, « osez ! » est d’ailleurs le principal conseil qu’elle donne aux femmes qui aimeraient se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Elle ajoute : « Si je devais faire un parallèle avec une course d’endurance, je dirais que pour entreprendre, il faut être bien entraîné pour se lancer et prendre le bon rythme pour ne pas s’essouffler. Enfin, restez vous-même, n’essayez pas de jouer les gros bras pour vous imposer. Au contraire, transformez vos fragilités en atouts ! ».
À la question, « Y a-t-il une figure entrepreneuriale qui vous inspire ? », l’entrepreneure répond non sans nous surprendre : « Non, je n’en vois pas. En réalité, je suis plus impressionnée par ces artisans qui font revivre avec passion les savoir-faire ancestraux et connectent le passé avec le présent et le futur. Ils sont discrets, ce sont de vrais passionnés. Ils créent des emplois et parviennent à embarquer de nouvelles générations à leurs côtés. Ces personnes m’inspirent réellement et je les ai toujours beaucoup admirées ».
Le matin, au réveil, Caroline Berekbaum n’espère qu’une seule chose : « Que la journée m’apporte son lot de surprises ! Vivre des émotions différentes d’un jour à l’autre, voilà ce qui a ponctué ma carrière de dirigeante et rythme ma vie de manière générale », lance-t-elle avec un enthousiasme contagieux. Et si c’était ça, la clé de la réussite ?