Nous collectons à vélo les biodéchets alimentaires des professionnels de l’agglomération rennaises, environ deux tonnes par semaine qui sont ensuite transformées en compost et redistribuées localement aux particuliers qui le souhaitent. Nous réalisons neuf tournées/semaine (170 km) auprès de restaurateurs, hôtels, commerces et entreprises, auxquels nous fournissons des consignes de tri et contenants lavés . Nous proposons aussi des formations et un accompagnement pour changer les comportements. Avec nous, les « déchets » deviennent des ressources.
Depuis 2024, les entreprises doivent trier et valoriser leurs déchets à la source. Pour nos clients hôteliers et restaurateurs, notre service facilite l’obtention de labels et s’inscrit dans leur politique RSE.
Nous avons choisi un statut coopératif via une SCOP (société coopérative et participative) dans laquelle chaque salarié est associé. En novembre 2025, nos cinq collaborateurs ont rejoint la gouvernance. Ce choix répond à notre volonté d’un management participatif, loin des pratiques autoritaires que nous avons connues. À 40 ans, nous savons ce que nous valons, ce que nous voulons… et ce que nous ne voulons plus.
À 40 ans, nous savons ce que nous valons, ce que nous voulons… et ce que nous ne voulons plus.
Les entreprises ne peuvent plus entreprendre comme avant : les contextes économique, géopolitique et environnemental imposent de repenser la croissance. Il ne s’agit plus de « faire de l’argent », mais de répondre aux besoins de la société de demain, en créant de la valeur avec sobriété. La clairvoyance sur notre monde actuel est essentielle : les impacts environnementaux et sociétaux seront au premier plan. Il s’agit aussi de créer des entreprises avec des emplois de qualité, où les gens se sentent bien, écoutés, en accord avec leurs valeurs.
Le réseau m’a véritablement aidé à adopter cette posture. Nous avions des idées sur l’environnement, l’entreprise idéale pour les salariés. Mais côté entrepreneuriat, nous n’étions pas suffisamment préparées. L’accompagnement s’avère très riche. Nos deux accompagnateurs nous ont aidé à faire éclore notre stratégie commerciale, à garder notre cap et à ne pas nous sentir coupable de ne plus être dans l’opérationnel aujourd’hui. Une entreprise a besoin d’un pilote aux commandes et désormais nous avons ce rôle-là. Nous nous sommes rendu compte que l’entrepreneuriat c’est avoir une vision et la tenir. Savoir s’entourer des bonnes compétences pour la pérenniser.
Si j’avais un conseil pour la femme de 20 ans que j’étais, ce serait : aies confiance, ça va bien se passer, crois en tes capacités. Je pense vraiment qu’à cet âge, je n’avais pas confiance en moi. Je lui dirai d’oser, d’y aller quand même, de ne pas craindre ses ambitions !
J’aimerais vivre dans un cadre plus apaisé. Réussir à créer de la valeur sociétale, environnementale et pécuniaire n’est pas si évident. Il faut se battre pour se dégager un salaire, pour offrir des bonnes conditions de travail aux salariés. En tant que femme, il y a aussi un sujet sur la légitimité, où nous devons prendre notre place. De plus, j’ai créé cette entreprise en même temps que j’ai eu mes deux enfants. Une grossesse et un parcours entrepreneurial, c’est beaucoup de charge mentale et de fatigue. Donc, peu importe où je serai, je me souhaite un peu plus de sérénité.